J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article. Si vous me suivez depuis un moment, vous le saurez : mes enfants et mon époux sont mes mannequins ! Je le dis en rigolant, mais c’est un sujet assez sérieux quand même. Plus que jamais, il nous interpelle tous en tant que parents. Dispersés entre l’envie de partager avec fierté les clichés des loulous pour montrer combien de fois ils sont « trop gnons » ou le désir de les protéger de tout regard indiscret, que devons-nous faire ? Faut-il publier sur internet des photos de ses enfants ou s’en abstenir ?

Sans prendre position, je vais vous répondre tout simplement : Vous pouvez le faire avec des réserves !

Voici les 5 choses que j’ai répertoriées pour nous tous, à savoir avant de publier les photos de ses enfants sur Internet

1 : Vous ne devriez partager une situation ridiculisant l’enfant

Un enfant sur son pot qui fait ses besoins (si si, j’ai déjà vu), un enfant qui vient de perdre ses dents, un enfant qui pleure à chaudes larmes ou qui est vêtu de façon inhabituelle ? Laissez tomber.  Il y a eu récemment un challenge sur les enfants qui font des « bêtises »  à « appréhender », il était certes très drôle mais je reste d’opinion mitigée lorsque l’enfant est vu clairement. Ne publiez pas d’images prises dans un cadre qui peut faire l’objet de moqueries, de harcèlement voire l’humiliation plus tard. Demandez-vous toujours s’il apprécierait.

2 : Vous ne devez partager des situations intimes

Des images d’enfants en slip, en couches ou nus, que vous pensez anodines  peuvent avoir d’autres connotations dans le regard de personnes perverses. D’ailleurs, j’aurais entendu dire que des clichés peuvent être récupérés et diffusés sur des sites pédo érotiques à notre insu. Sijmen Ruwhof, un hacker professionnel néerlandais explique comment des millions de photos d’enfants postées en toute innocence sur Facebook ou Instagram se sont retrouvées sur un site de pédopornographie russe. J’ai décidé moi-même d’éliminer les images en maillot de bain de mes gosses à la piscine ou à la plage. Clashez moi si vous en retrouvez désormais !

3 : Vous ne pouvez publier sans demander une autorisation

Cette mesure vous fera sourire certainement. Que peut décider un gosse à qui on choisit les chaussures, les amis, la bouffe et même le Dieu ? Je le pensais aussi jusqu’à ce que je tombe sur cette loi française concernant le droit à l’image : « tout individu jouit d’un droit au respect de sa vie privée ainsi que d’un droit à l’image …» . Cette règle s’applique quelque soit l’âge (Instructif pour la chasse aux images belles ou insolites d’enfants d’autrui ou d’adultes, que certains font sur le net).  Vu que enfants mineurs ne sont pas en mesure de signer des documents autorisant la publication de leur image, la signature des parents ou des tuteurs légaux doit impérativement être obtenue par écrit.

La publication ou la reproduction d’une image (photographie ou vidéo) sur laquelle une personne est facilement reconnaissable n’est autorisée qu’avec son consentement préalable, et ce, que l’image soit préjudiciable ou non. Lorsque le sujet apparaît dans une foule (et qu’il n’est pas clairement le sujet central), qu’il apparaît de dos ou de loin, la règle ne s’applique pas.

Je ne pense pas que le petit Junior voudrait vous attaquer en justice sous nos cieux, mais sait-on jamais. Pensons-y.

Si l’enfant a atteint l’âge de la raison (vers 7-8 ans), demandez-lui si la photo lui plait avant de poster. Vous respectez son droit à l’image et vous lui indiquez la voie à suivre. Lorsque l’enfant est plus jeune, comptez avec les deux règles plus haut mais publiez à quelques occasions, pas tous les jours. Certains enfants timides n’aimeraient peut-être même pas avoir une E réputation. Observez.

4 : Vous pouvez « montrer sans montrer ».

Voilà une alternative qui peut servir pour bien illustrer un message, une publication sans aller plus loin. Des accessoires comme des lunettes de soleil, des chapeaux, un smiley ajouté à l’image ou du flou au visage peuvent le faire. Mais de grâce, si l’objectif est juste de partager l’image de votre enfant, n’enquiquinez pas les autres. Épargnez leur son dos dont ils n’ont que faire. Soyez clairs avec vous-même et sachez ce que vous voulez.

5 : Vous pouvez publier dans un cadre précis

A des groupes fermés qui sont constitués exclusivement de vos proches  et de personnes qui vous sont chères, vous pouvez publier les photos de vos enfants autant que vous pouvez (s’ils n’en sont pas agacés bien sûr) pour leur donner des nouvelles. Vous pouvez aussi vérifier les paramètres de confidentialité sur Facebook, pour mettre en ligne des photos qui ne seront vues que par un groupe restreint de personnes que vous aurez choisi.

Et pour les pubs, blogs, vlog ?

On ne va pas se mentir, si tout le monde prenait cet engagement, d’où sortiraient les enfants dans les pubs, les blogs, les vlogs, les photos en vente sur les plateformes d’images? Et les films avec enfants que vous aimez (le cas de la révélation humour Mariam Djafoule) ? Ceux qui hurlent aux loups avec radicalisme ne téléchargent-ils pas des photos d’enfants avec un produit ou autre chose qu’ils pensent en avoir besoin plus tard? D’ailleurs, ne voudriez-vous pas faire participer vos mômes à un casting ? Honnêtement ?


A notre ère, l’enfant a un pouvoir décisionnel non négligeable en matière de consommation dans nos familles et influence les achats journaliers. Voir des enfants adorables, on aime. Voir nos enfants aimer, on adore. On se laisse attendrir par les produits , les marques, les spots. Les enfants influencent et font vendre !

Toutefois, même si vous êtes dans ce domaine spécifique du média en ligne , il existe des limites claires à se donner en tant que parent pour la publication des photos : Le bien être votre enfant (l’enfant ne devrait être contraint mais plutôt aimer), la nécessité (l’image de l’enfant dans un article parlant de produits pour enfants, d’éducation ou de santé infantile), la moralité (vous refuserez d’intégrer vos gosses pour des films ou images qui ne les concernent en rien ou qui sont immoraux).

Plus de 60 pays ont déjà légiféré sur la question et sur ces critères. Je les trouve très clairs aussi . Documentez-vous dans votre cas avant de sauter le pas.

Dernière chose 

Les enfants n’ont droit à Facebook, Instagram et de nombreux réseaux sociaux qu’à partir de 13 ans. Il est important de respecter cette limitation. Perso, je la repousserai d’ailleurs. Ils ont besoin de votre consentement afin de publier leurs propres images . Enfin, j’éliminerai cette croyance qui voudrait que les enfants soient « attaqués par des esprits » via internet. L’intimité avec Dieu est la clé pour les croyants. Si tel n’est pas le cas, vous êtes libres d’avoir des soucis à vous faire, autant que lorsqu’ils s’affichent dans les rues, les villages, les maisons…

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